Junge Franzosen

Im Lager sah ich ein Kind. - Ein kleiner Franzose. - Ein Kamerad fragte ihn: "Wie alt bist du?" - Die Antwort war: "Sechzehn Jahre." Wir waren erstaunt, er sah aus wie acht oder zehn Jahre, aber er hatte ein ernstes Gesicht und einen stolzen Gang. - Später hörte ich seine Geschichte: er ist nicht sechzehn Jahre alt. - Sein sechzehnjähriger Bruder ist bei den Partisanen. - Man kam nach Hause, ihn zu fangen. - Um den Bruder zu retten, die Feinde von seiner Fährte abzulenken, gab sich das Kind für seinen eigenen Bruder aus. -
Der Bruder rettete so den Bruder, und ein Kind handelte wie ein Held und ein Mann.

Kupfer-Koberwitz, Dachauer Tagebücher, S. 335


Jean Boizot

Irène Sénator, une habitant de Vert-Saint-Denis, est la sœur de Jean Boizot, un jeune Savignien de 17 ans mort
en déportation au camp de concentration de Dachau. Une cérémonie est organisée dimanche 27 avril
à Savigny-le-Temple pour honorer sa mémoire

Une reconnaissance 70 ans après. La famille de Jean Boizot, les anciens combattants et la municipalité de Savigny-le-Temple se tiendra, dimanche 27 avril à 10 heures, rue de Favière (au bourg). Une plaque commémorative sera déposée sur l’ancienne maison de ce jeune homme de 17 ans, mort en déportation à Dachau.

Le crash

Les faits remontent au 14 juin 1944. La DCA allemande fait feu sur un avion américain. L’appareil est touché et William Gibbons, le pilote doit sauter en parachute. Il atterrit près du parc du château de Nandy. Des habitants affluent pour l’aider et il est caché dans la commune, puis dans une grotte à Seine-Port. Mais les Allemands ont également observé la chute et, après une dénonciation, les personnes ayant aidé le pilote sont arrêtées.

De Savigny à Dachau

Dans la nuit du 15 au 16 juin, la Gestapo arrête 15 personnes. Dont Jean Boizot, qui, parlant anglais, avait permis de faire la traduction avec le pilote. « Je n’avais que 6 ans à l’époque mais les faits restent gravés dans ma mémoire », se souvient Irène Sénator, une de ses sœurs qui habite à Vert-Saint-Denis. Ils avaient tout cassé dans notre maison à Savigny-le-Temple et avaient tenu mes parents en respect avec une arme. «

Sur les 15 arrestations, six personnes seront relâchées et neuf seront déportées. Jean Boizot passera par Melun, Fontainebleau, la prison du Cherche-Midi (ancienne prison parisienne) et les camps de concentration de Struthof et Dachau. Il mourra du typhus quelques jours après la libération du camp de la mort.

Reconnaissance posthume

»Nous n’avons jamais su s’il était dans la résistance mais personnellement j’en suis convaincu« , souligne Irène Sénator. Cette cérémonie en son hommage est une reconnaissance pour l’acte de bravoure de mon frère. » Une reconnaissance posthume déjà adressée à sa famille puisque pour son acte il a reçu la médaille des forces armées américaines. Le général Eisenhower écrira même une lettre à sa famille.

« Avec ma sœur Marie-Louise Auger, nous avons entamé les démarches il y a près de 10 ans alors il y a une grande émotion car les autres déportés des ’15 et 16 juin’ ont des plaques ou des noms de rues », poursuit Irène Sénator qui évoque un « devoir de mémoire pour se souvenir d’un acte héroïque. »

Recueillement

Pour la cérémonie du 27 avril, la famille, aidée par la Fédération des anciens combattants, a essayé de recontacter les personnes qui ont vécu « ce moment de l’histoire locale. « Outre l’aspect mémoriel de la plaque, elle jouera également un autre rôle. La famille de Jean Boizot s’est rendue à Dachau en 1993 mais n’a jamais trouvé sa sépulture. »Cette plaque sur notre ancienne maison permettra d’honorer la mémoire de notre frère mais également un endroit pour nous recueillir. «

La Republique, 23.04.2014